Premier album pour l'allemand Tobias Hornberger, sur la sous-section CD-r dark ambient de DataBloem, dataObscura. Pas excessivement dark d'ailleurs, puisque le style de False Mirror est bien plus proche de l'ambient pure, avec synthés et samples naturels. Rien de surprenant donc à ce que l'artiste prétende s'être inspiré de ses rêves pour la composition de cet album, et que l'état idéal d'écoute est un état de somnolence.
Il serait cependant réducteur que de s'attendre à des synthés classiques, accompagnés d'instruments exotiques et de samples naturels. Car si le premier titre, "Plato's Last Dream", n'a franchement rien de bien original, la suite est bien plus intéressante.
On remarque immédiatement à travers des titres comme "A Divine Passage" ou "Beyond The White Plainscapes" que l'allemand est doué pour la spatialisation du son, emplissant notre esprit de nappes intenses et parfois tendues, mais jamais agressives (les drones dopés de basses sont absents).
Construit comme un tout, "Chronostatic Scenes" se perçoit effectivement comme un rêve, notamment grâce à de petits sons lointains et étranges, ou des nappes et bourdonnements hypnotiques (comme sur le subtil "The Tower Of Deception"), qui ne marquent pas à la première écoute mais ont un effet sédatif assez impressionnant.
Comme le précise l'artiste, ce disque est donc bien un album menant à la dérive, l'auditeur se retrouvant isolé dans sa coquille de noix au milieu d'un océan de couleurs et de formes (plus des mirages que des objets). Les samples d'eau sont d'ailleurs très présents, se fondant dans la masse lente et presque organique de ces rideaux de sons et de nappes parfois très riches, conférant à cet album une durée de vie conséquente, malgré un style au demeurant quelconque.
False Mirror n'invente donc rien, et nous dévoile tout simplement ses visions, à travers un album sincère et talentueux, l'allemand étant fort doué pour nous faire partager ses visions. Un album classique mais surprenant d'efficacité, et un artiste à suivre de près.